Un effort coordonné pour détruire le salaire dominant mené par nul autre qu'ALEC

Partout dans le pays, les législateurs républicains (et le gouverneur de Virginie-Occidentale) font pression pour que des lois soient adoptées afin d'abroger ou de modifier radicalement les exigences en matière de salaire minimum pour les projets de construction. Ces efforts semblent inhabituellement coordonnés depuis les élections de novembre, compte tenu de l'ancienneté de bon nombre de ces lois. La raison ? Le mouvement contre le salaire minimum est mené par le tout puissant lobby d'extrême droite ALEC (American Legislative Exchange Council) et sa coalition d'alliés radicaux. 

Les champs de bataille notables incluent Nevada, Virginie-Occidentale, et Indiana, bien que les victimes de cette tentative organisée de réduire les salaires du secteur de la construction pourraient bientôt inclure les résidents du Wisconsin et du Missouri, entre autres.

Un article récent de Jody Knauss, analyste principale du Center for Media and Democracy fournit des détails sur les alliés d'ALEC, citant le State Policy Network, l'Associated Builders & Contractors (ABC), la National Federation of Independent Business (NFIB), le Mackinac Center for Public Policy basé au Michigan et le MacIver Institute for Public Policy basé au Wisconsin.

Knaus souligne les efforts coordonnés de ces organisations pour faire passer des lois anti-ouvrières dans des États qui étaient autrefois des bastions syndicaux. Qualifiant le Midwest de « point zéro de l’attaque contre les salaires », Knauss note que les victoires du GOP aux dernières élections ont donné l’occasion à la droite de faire avancer son programme dans la région. Souvent, le soutien à ces projets de loi et les statistiques et les relations publiques utilisées pour les promouvoir proviennent directement des principales organisations de la machine politique de l’argent noir de la droite.

PR Watch analyse les relations entre les organisations et les politiciens et la manière dont elles ont affecté le soutien législatif :

Michigan : La NFIB est explicite sur son « partenariat avec l’Associated Builders and Contractors (ABC) » pour obtenir l’abrogation du salaire minimum dans le Michigan. Les piliers de l’ALEC Arlan Meekhoff, qui est maintenant chef de la majorité au Sénat, la représentante Amanda Price et le représentant Aric Nesbitt soutiennent l’abrogation du salaire minimum comme une priorité républicaine majeure malgré la menace de veto du gouverneur Rick Snyder. Bien sûr, Snyder est connu pour avoir précédemment prétendu s’opposer au droit au travail, pour ensuite signer une version mot pour mot de l’ALEC dans la loi sans pratiquement aucune contribution du public, mais avec le soutien « astroturf » d’Americans for Prosperity.

Indiana : La NFIB et l'AFP ont également été promptes à saluer le projet de loi HB 1019 de l'Indiana, parrainé par le président de la Chambre des représentants Brian Bosma et le représentant Jerry Torr, membres de l'ALEC, qui abrogerait la loi sur le salaire minimum dans le secteur de la construction en démantelant les commissions salariales qui la supervisent. Le projet de loi a été adopté par la Chambre des représentants et est maintenant en commission au Sénat. Mais pas, comme on pourrait s'y attendre, au sein de la commission du travail. Le président de la commission du travail, le sénateur Phil Boots, ayant fait savoir qu'il n'était pas un partisan, le président pro tempore républicain du Sénat, David Long, a plutôt confié le projet de loi à la commission des impôts. Le gouverneur Mike Pence a déclaré qu'il signerait le projet de loi s'il lui parvenait.

Missouri : Quatre projets de loi visant à abroger le salaire minimum sont en cours dans le Missouri, tous parrainés par l'ALEC : les représentants Tony Duggar, Bill White et Bill Lant et le sénateur Dan Brown. Les projets de loi visant à exempter la construction d'écoles et certains projets de construction de logements ont été adoptés par la commission et ont été présentés à la Chambre plénière.

Wisconsin : Les mêmes forces qui ont poussé la loi 10, le projet de loi anti-négociation collective du gouverneur Scott Walker et le droit au travail dans le Wisconsin se préparent à de nouvelles réductions de salaires via l'abrogation du salaire minimum. Les audiences sur le projet de loi 32 de l'Assemblée et le projet de loi 49 du Sénat n'ont pas encore été programmées, ce dernier étant parrainé par l'ancienne « législatrice de l'année » de l'ALEC, la sénatrice Leah Vukmir. Mais la chambre d'écho de la droite - l'éditorial de l'auteur du projet de loi, le soutien immédiat d'alliés comme la NFIB et l'AFP, les « recherches » partisanes de MacIver, les appels à « fournir au gouvernement les outils pour réduire les coûts » - sont en pleine activité, donc la poussée en faveur de la mesure ne peut pas être loin.

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